Come back de printemps

Bonjour à tous,Résultat de recherche d'images pour "tenue correct exigée arts décoratifs"

Je crois avoir été absente une partie de l’hiver. Entre le travail et l’habitude de visiter
les expos la veille de leur fermeture, c’était un peu compliqué. J’aurai par exemple adoré vous faire partager celle sur les Fêtes et les divertissements à la cour du château de Versailles, avec les magnifiques tapisseries de Oudry, l’évocation du bal des Ifs et tout et tout.  Mais elle se termine aujourd’hui.

Heureusement avec le soleil de nouvelles expos germent et j’en ai à nouveau  quelques unes en réserve pour vous.

Commençons par une expositions friperie, « Tenue correct exigée » qui s’achève le 23 avril. Il reste donc un bon mois pour y aller.

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Alexis Chataignier, Ah, quelle antiquité !!! Oh ! quelle folie que la nouveauté… 1797, Paris © BnF

 

Le propos ? Rien de plus simple. Montrer comment depuis le XIVe siècle et à travers 400 vêtements la mode se dépasse, se réinvente jusqu’à choquer pour créer la nouveauté et comment elle est intimement liée à la société qui la façonne, lui dicte ses règles.

Le parcours -comme souvent avec les expos sur le textile aux Arts Déco est bien fichu, immersif, avec lumière sombre et grande vitrine, pas ennuyant pour un sous. On est plongé dans une longue histoire de tissus et de société. On comprend peu à peu (bien qu’on s’en doute) comment depuis toujours la façon de s’habiller relève à la fois d’une volonté personnelle et beaucoup de normes imposées. Par exemple, qu’est ce qui définit un habit d’homme, d’un habit de femme ? Pourvoi marquer cette différence? Ha l’héritage judéo-chrétien, encore cette fichue Eve. Mais pas que. Qu’est ce qui différencie la femme légère de dame de la haute société ? Rappelez-vous comment le portrait de Marie-Antoinette en robe de gaulle en mousseline blanche par E.Vigée-Lebrun fit scandale. Comment ? Osez représenter la reine de France comme une vulgaire femme du peuple. On pourrait croire que cela la rendrait sympathique, plus proche, plus normale, mais non. Par l’exposition de ce tableau, c’est la royauté qui est désacralisée et on dût retirer le tableau illico presto. De la même façon aujourd’hui, normalement dans notre société, toutes les femmes peuvent porter des pantalons. Mais que le combat fut dure. Et c’est encore aujourd’hui, même dans notre pays, un éternel débat. Peut-on s’habiller vraiment comme on le veut ? Puis-je mettre une jupe dans le RER à 22h, aller au travail en jogging, porter un burkini, ou une robe à fleurs à l’Assemblée nationale, un baggy à un entretien ? C’est un propos atrocement contemporain que nous offre le musée des arts Décoratifs.

Mais heureusement, parfois dans l’Histoire, il se trouve des personnes pour pousser un peu les choses et apporter un vent de fraicheur. On découvre la fabuleuse histoire du pantalon, de Dietrich à Yves Saint Laurent, celle de la capuche, de la mise en valeur de telle ou telle partie du corps.
A travers le prisme du vêtement, c’est toute notre société d’image que se propose de mettre en lumière le musée. Un plaisir instructif, porteur de réflexion où on ne s’ennuie pas une seconde.

A voir, à faire, à porter.

Commissaire : > Denis BRUNA, conservateur, collections Mode et Textile antérieures au XIXe siècle
Scénographie : > Constance Gui

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Cœur brûlés, Deutsche Kinemathek, Marle Dietrichcollectio, Berlin, 1930 C Eugène Robert Richee Entrer une légende

 

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Toutes les infos là : http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/actualites/expositions-en-cours/mode-et-textile/tenue-correcte-exigee-quand-le-vetement-fait-scandale/

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Les beaux paysages d’Île de France et de Normandie, comme un avant goût de vacances

Le paysage et tout particulièrement le paysage du XIXème siècle a été très à la mode cette saison. Le besoin d’espace ou de jolies couleurs peut-être.

Deux régions ont eu les honneurs, l’Île de France et la Normandie. L’une au musée de Sceaux et l’autre au musée Jacquemart André.

Dans le joli petit château de Sceaux, musée de l’île de France, les romantiques,  l’école de Barbizon, les impressionnistes et les néo-impréssionnistes sont à l’honneur. L’exposition rappelle combien cette région a été la capitale d’un genre en pleine évolution loin des mépris de l’académisme classique.
Pendant longtemps le paysage n’est pour beaucoup qu’un joli fond derrière des personnages historiques ou religieux et même si les écoles du Nord surent très tôt en leur temps lui donner ses lettres de noblesse, en France il tarde à s’imposer face au carcan de la théorie des genres de l’Académie Royale. En terme de prestige il arrive loin derrière les vierges, les héros ou même les portraits. Ainsi, même si des artistes comme Hubert Robert ou Pierre-Henri de Valenciennes  avaient commencé à bouger les lignes, il faut attendre le XIXème siècle avec sa nouvelle vision de l’artiste et le chamboulement des genres pour lui donner son véritable élan. Et entre le chemin de fer qui permet de s’éloigner facilement et rapidement de Paris,  le matériel de peintre plus moderne (le tube, en fin !!!!!) , la photographie qui lance un vrai questionnement sur l’intérêt de la peinture et une réflexion générale sur l’évolution des campagnes dans un siècle en plein changement sociétale et environnemental, tout cela forme un creuset parfait pour que le paysage moderne se forme peu à peu et attire de plus en plus d’artistes aux réflexions très différentes.

Quand à Sceaux on note l’influence de l’Âge d’or Hollandais sur les premiers paysagistes de la région, coté Jacquemart-André on rappelle  l’influence déterminante des anglais qui dès le XVIIIème siècle se sont intéressés à ce genre  avec  Gainsborough,  Constable puis Turner qui se rend en Normandie à la fin des guerres napoléoniennes. Les Pays-Bas et le Royaume Unis sont les deux nations précurseuses du paysage français.

Il y a d’abord l’école de Barbizon qui dans la forêt de Fontainebleau à l’auberge du père Ganne réunit des peintres comme, Rousseau, Corot, Millet qui se retrouvent dans une vision rêvée de la forêt sauvage et en même temps si proche. Mais le nom d’école est trompeur, il s’agit plus d’une fraternité d’artistes où se mêlent les points de vue, les regards et les styles.Expo_Paysages_Lavieille_Barbizon

Puis les impressionnistes vont encore plus loin en libérant la touche et le motif pour ne retenir que l’impression, la lumière. Jongking, Corot ou Renoir peignent notamment la vallée de la Seine avec douceur et  nostalgie, portant leurs regards vers la Normandie.

L’exposition se veut un très jolie voyage dans le temps, à une époque où tout s’accéléraient mais ou la nature avait encore une place déterminante, où Gentilly c’était la campagne et où le périphérique n’existait pas, où les canotiers et les moulins faisaient rêver les passants.  Mais les peintres et les photographes témoignent aussi des désastres de la guerre contre la Prusse de 1870 qui furent nombreux dans la région.

Coté Jacquemart-André on s’exile un peu plus à l’Ouest, quoi que. Nous retrouvons grosso-modo les mêmes artistes et cette même envie de témoigner d’une société en pleine évolution et de cette nature si proche qui côtoie l’industrialisation et les débuts du « tourisme » avec la mode des bains de mer. On visite la Normandie à travers ses artistes fétiches, ses « locaux » Boudin et Monet. Mais on rencontre aussi des parisiens qui ont pris le train comme Edgar Degas ou Caillebotte. La ligne Paris-Rouen est ouverte en 1843, prolongée vers Le Havre en 1847, vers Dieppe l’année suivante et vers Fécamp en 1856. Dans les années 1860, le train dessert DeauvilleTrouville et toutes les stations de la Côte Fleurie.

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BOUDIN Eugène-Louis (1824-1898) Scène de plage à Trouville – 1869 – Huile sur panneau – 28 x 40 cm – Collection particulière. Courtesy Galerie de la Présidence, Paris © Galerie de la Présidence, Paris

Les barques des pécheurs d’Honfleur, les berges de Dieppe et les falaises d’Etretat se mêlent joyeusement aux belles robes et aux ombrelles des grandes dames venues prendre l’air. Le paysage pur rencontre la peinture de mondanités.

Vous l’aurez compris ce sont deux expositions conçues de manières très indépendantes l’une de l’autre mais qui se révèlent très complémentaires dans le sujet, la naissance du paysage et son épanouissement à travers deux régions essentielles la Normandie et l’Île de France. Alors si vous aimez les peintres de Barbizon ou bien que vous préfériez l’impressionniste aux couleurs chatoyantes, vous serez comblés. Une manière de voyager dans le temps et dans l’espace sans aller trop loin (enfin quand on est parisien:/).

 

PAYSAGES DU ROMANTISME A L’IMPRESSIONNISME LES ENVIRONS DE PARIS
Du vendredi 18 mars au dimanche 10 juillet 2016
Musée du Domaine départemental de Sceaux

NORMANDIE L’ATELIER EN PLEIN AIR MONET, RENOIR, PISSARRO, SISLEY, GAUGUIN… Musée Jacquemart-André 18 mars – 25 juillet 2016

Claire Durand-Ruel Snollaerts, historienne de l’art, spécialiste et experte de Camille Pissarro. Elle a établi le catalogue raisonné de l’artiste.
Jacques-Sylvain Klein, historien de l’art.
Pierre Curie, Conservateur du Musée Jacquemart-André.

 

 

 

 

Louis XV à Fontainebleau

Cette semaine nous sortons un petit peu de Paris pour nous diriger vers l’un de ces lieux qui ont fait l’Histoire de France et qui la résume le mieux. Non, pas Versailles, mais Fontainebleau. Le château de Fontainebleau est à mes yeux l’un des plus beaux qui soit, je l’adore et je l’ai déjà dit sur ce site.

En ce moment, c’est une exposition consacrée au roi Louis XV qui s’y déroule et dont je vais vous parler.

Louis XV, le Bien Aimé roi mélancolique passait tous ses automnes entre 1724 et 1773 dans ce grand domaine. C’est ici, dans cette jolie chapelle qu’il se marie avec la discrète Marie Leszczyńska le 5 septembre 1725. C’est également là que décède son unique fils, le dauphin Louis, père du futur Louis XVI en 1765.

Le propos de l’exposition n’est pas le règne ou la personnalité de ce roi peu banal, mais davantage la trace qu’il laissa dans la décoration du château et sa passion pour la vénerie qui le ramenait inlassablement entre ces murs multi centenaires. Une centaine d’œuvres sont ainsi là pour témoigner du gout de cette époque, de ce XVIIIème siècle lumineux du point de vue artistique.

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Un énorme chantier de restauration d’œuvres a été lancé à l’occasion de cette grande exposition 2016. L’occasion d’expliquer au grand public ce travail minutieux et sans fin qu’est l’entretien d’un tel château et de son mobilier.

Nous découvrons par exemple des consoles du Cabinet du conseil du roi qui était contigu à la Chambre du roi, agrandi par Gabriel en 1774 et décoré notamment par Boucher ou Van Loo dans ce style rocaille très en vogue ou un tapis de la Savonnerie.

Les goûts personnels de la reine sont également évoqués par un panneau sculpté en chêne de son cabinet et du lambris de l’Oratoire. Le tout à la fois raffiné et discret. Tout comme les Quatre Saisons de Jean-Baptiste Marie pierre qui reflètent le goût de l’époque pour les Bambochades, ces scènes de genre venues initialement de Rome.

Mais la partie la plus surprenante est cet appartement des chasses ouvert exceptionnellement le temps de l’exposition. Le roi Louis XV est certainement celui qui pratiqua la chasse à courre avec le plus de passion et pour montrer son amour de cette pratique, il commanda à Jean-Baptiste Oudry considéré alors comme le plus grand peintre animalier du moment, une série de 9 tapisseries pour son rendez-vous de chasse préféré, Compiègne. Mais les cartons de ces dernières étaient si achevés, qu’ils furent considérés comme des œuvres en soit et encastrés au XIXème siècle pour l’appartement du duc D’Aumale. Cet appartement avait été aussi la chambre de Monsieur, frère de Louis XIV ou de Christian VII du Danemark dont la tenue de chasse est exposée. Ces toiles sont des témoignages uniques et grandioses des chasses de Louis XV notamment d’un point de vue historique pour l’étude des tenues d’équipages très codifiées. On peut également admirer, toujours d’Oudry, des surprenants trompes l’œil qui représentent les têtes bizardes (bois de cerf anormaux) chassés par le roi, avec la date précise et au rendu illusionniste parfaitement maitrisé.

Ces appartements des chasses sont peut-être le témoignage le plus marquant du règne de Louis XV et son empreinte sur le château car ils témoignent du goût de l’époque mais aussi du roi.

Une exposition sympa donc, et puis surtout une occasion de retourner à Fontainebleau et d’en découvrir des aspects méconnus

Du 2 avril au 4 juillet 2016 Commissariat Vincent Droguet, conservateur général, directeur du patrimoine et des collections du château de Fontainebleau Jean Vittet, conservateur en chef Vincent Cochet, conservateur en chef

 

Beauvais

Cette semaine je ne vais pas vous parler d’exposition mais d’une ville, de sa cathédrale et de son musée rénové depuis déjà plusieurs mois : Beauvais.

Pour ceux qui ne situe pas, Beauvais est une petite ville du sud-ouest de l’Ouest et sa cathédrale est l’une des plus surprenante que je n’ai jamais visitée. Notre-Dame de Paris est la plus célèbre dans le monde, Amiens la plus grande et Reims la plus royale mais Saint-Pierre de Beauvais est celle qui donne le vertige quand on y pénètre. Avec ses 48,50m de hauteur sous nef, elle est la plus haute d’Europe et procure à ceux qui la visitent une drôle d’impression. Pas besoin de monter en haut pour sentir sa tête tourner. Ce colosse a pourtant des pieds d’argile et depuis sa construction au XIIIème siècle (début des travaux n 1225), sa hauteur délirante lui confère aussi une grande fragilité et elle ne fut en fait jamais finie à cause d’un éboulement du chœur en 1284 et de sa flèche en 1573. Cela donne un petit côté trapu car sa nef ne comporte qu’une seule travée. La cathédrale se distingue aussi par ses verrières des XIIIème, XIVème et XVIème siècles et ses horloges (une médiévale et une astronomique de 1866) un peu cachées par les travaux.

L’autre particularité de la cathédrale c’est d’avoir conservée avec Notre-Dame-de-la-Basse-Œuvre sa prédécesseure. Cette dernière édifiée à la fin du Xème siècle évoque un style carolingien préroman, étonnant de simplicité et grande pour son époque.

Juste à côté dans l’ancien palais épiscopal construit par Louis Villiers de l’Isle Adam dans un style renaissance se trouve les collections du MUDO, le musée départemental de l’Oise qui a la bonne idée d’être gratuit, et oui !!! En plus d’un très bon accueil, le musée réouvert en 2015 présente essentiellement des collections du XIXème siècle. Vous pourrez notamment voir un aperçu de l’art du paysage avec des peintures de Camille Corot, Alfred Sisley ou Paul Huet. Des beaux éléments d’art décoratif. Mais c’est surtout la restauration du tableau de Thomas Couture, l’enrôlement des volontaires de 1792, tableau gigantesque et inachevé de 45m² présenté avec une série d’études qui mérite le coup d’œil.

Au dernier étage, sous les combles vous pourrez également admirer une charpente en chêne de 14m.

J’aurai pu vous parler aussi de l’abbaye Saint-Lucien, ou de la galerie de la tapisserie mais je vous laisse découvrir cette petite ville par vous-même, un jour de soleil sinon la pierre picarde peut paraître triste à certains.

Bonne visite.

 

Le roi est mort, Vive le roi

 

le-roi-est-mort-versaillesJe dois admettre que je ne vais pas beaucoup à Versailles. Déjà parce que c’est loin, et parce que j’appréhende toujours un peu l’accueil que je ne trouve pas forcément très « chaleureux » et motivant. Par contre, à chaque fois que j’y viens pour une exposition, le contenu de cette dernière, fini par balayer tous ces petits points négatifs pour  au final m’époustoufler. Et encore une fois, j’ai été bluffée par « Le roi est mort ».

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© DIDIER SAULNIER

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« représentation de l’endroit où a été déposé le corps de Louis XIV dans l’église de St Denis, Arnoul Maillot. Crédit BNF

La scénographie est théâtrale et pour cause Pier Luigi Pizzi est metteur en scène d’opéra. Quant au contenu, il est pointu et instructif. Il aborde tous les aspects religieux ou politique lié au décès d’un souverain, le cérémonial du deuil, la procession funéraire etc. En bref j’ai adoré. Et comme en plus, il n’y avait pour une fois pas grand monde, j’ai même pu me réapproprier le château dans son ensemble. Alors que demande le peuple ?

Il y a 300 ans, le 1er septembre 1715, s’éteignait celui qui est considéré comme le plus grand roi de France, le monarque absolu, Louis XIV.
On monte les marches au son d’un requiem et on arrive devant l’immense lit de mort du roi, dans une pénombre lugubre qui vous plonge d’emblée dans le vif du sujet d’un enterrement royal.
Je crois que c’est la première fois qu’une exposition aborde ce thème si particulier et pourtant si intéressant qu’est la mort d’un souverain. C’est à la fois une lecture d’une page de l’Histoire de France et un voyage dans les us et coutumes de la cour.

4800557_6_b245_d-un-realisme-remarquable-avec-de-vrais_ad69b8eb0466166f27dafd67e16a4c4aMourant en public après une agonie d’une quinzaine de jours due à la gangrène et un règne de soixante-douze années et cent jours. Louis XIV qui sait que l’Etat va lui survivre prépare sa succession en recevant le dauphin, futur Louis XV qui n’avait que 5 ans. Il conseille à l’enfant qui devait être très impressionner ne pas l’imiter dans son goût pour les bâtiments et de soulager la misère de ses peuples, afin d’être un grand roi.

Le jour suivant son décès, on place le corps dans l’antichambre de l’œil de bœuf et on procède à l’autopsie, à la triparti (on sépare le cœur et les entrailles qui seront envoyés vers des lieux choisis par le souverain, du reste du corps) et à l’embaument. Les instruments chirurgicaux, les manuscrits relatant toute la procédure et la forme d’un corps posé sous un linceul blanc vous plonge dans l’ambiance. On apprend ainsi que toute la moitié gauche du pied à la tête était gangrénée. Ne pas faire cette exposition après un bon repas 😉

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Louis XIII en costume de deuil Frans Pourbus le Jeune

 

A partir du troisième jour et ce pendant une semaine, le mort est exposé dans le salon de Mercure, l’occasion d’aborder cette coutume dans les différentes cours d’Europe en dehors de la France où de Charles VI jusqu’à Henri IV il était d’usage de présenter une effigie. Louis XIII adopte la pratique espagnole à savoir présenter le corps en habit de cour avec les insignes de la royauté. Avec Louis XIV seul le cercueil et le reliquaire du cœur trône, devant lequel les nobles se succèdent pour l’asperger d’eau bénite.

Vient ensuite la période de deuil. J’ai particulièrement apprécié cette partie, parce que j’y ai beaucoup appris sur la mise en pratique et l’aspect que revêtait le deuil à Versailles. Ainsi seul le roi peut décider d’une période de deuil et de quelle forme elle va prendre, il existe un grand deuil, un demi-deuil et un petit deuil qui se manifestent dans des tenues différentes. Longtemps les reines ont porté le deuil blanc, Marie Stuart sera la dernière à le faire, le noir venant d’Italie le supplantant. Quant au roi, il porte le pourpre à l’image du jeune Louis XV qui porte durant un an cette tenue en mémoire de son aïeul.

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Cortège de Louis XIV. BNF

C’est maintenant le départ du convoi funèbre pour Saint Denis. Haute démonstration symbolique des différentes couches du pouvoir, celui de Charles V d’Espagne est resté une référence en la matière. 2500 personnes vont marcher derrière Louis XIV pour son dernier voyage, mais sans traverser Paris, pour éviter ceux qui pourraient montrer un peu trop de soulagement à la mort de leur souverain.
Saint Denis est depuis l’époque mérovingienne une nécropole royale où se côtoient alors sous terre, la plupart des rois de France. Certains ont de magnifiques mausolées, à l’image des Valois. Par contre, les Bourbons dont Louis XIV n’est que le troisième représentant régnant, ont un simple et modeste caveau. Le roi soleil tente de réparer ce manque de magnificence en faisant appel à Mansart ou Bernin, mais rien n’aboutit et le dénuement du caveau perdurera. Par contre, ils se rattrapent par les monuments élevés pour recueillir leurs entrailles.

 

La dernière partie de l’exposition, nous rappelle que la Révolution n’a pas mis un terme à tout ce protocole et ce faste des funéraires royales. La République va récupérer le symbole pour rendre hommage à ses héros que sont Victor Hugo ou Voltaire ou ses gouvernants comme Sadi Carnot ou le Général De Gaule.

Car dans la mort d’un chef d’état, ce n’est pas seulement l’homme mortel que l’on cherche à honorer mais c’est l’image d’une partie d’Histoire qui s’inscrit définitivement dans les annales.

Je vous conseille vivement cette exposition, elle est génialissime. Et toujours pour parler de Versailles, mais rien à voir avec le sujet, Canal + a sorti une nouvelle série avec pour sujet Louis XIV. Je suis à peu près sûre que la rigueur historique n’est pas au rdv, mais c’est une très bonne série d’intrigues politiques et rien que pour les costumes, les décors et les accessoires (le carrosse en or j’adore) ; franchement vous devriez l’essayer. En plus pour une fois, on présente Monsieur comme un vrai chef de guerre et pas seulement comme excusez-moi l’expression une grande folle qui s’habille en femme. C’est un personnage plus subtil et complexe qui apparait, tout comme Louis XIV à la fois sûre de sa grandeur, sournois, ombrageux tacticien et séducteur.

http://www.leroiestmort.com/fr

Du 27 octobre 2015 au 21 février 2016.

COMMISSARIAT
Béatrix Saule, Directeur-conservateur général du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, assistée d’Hélène Delalex, Attachée de conservation au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon et Gérard Sabatier, Professeur émérite des universités.

Scénographie : Pier Luigi Pizzi

Les héroïnes de l’Opéra-Comique vous attendent…

1160-affiche-comique-petitpalaisIl y a quelques année, j’avais été littéralement émerveillée par l’exposition consacrée à la Comédie française au Petit Palais. C’est pourquoi celle sur l’Opéra Comique me faisait de l’oeil.

Mais l’Opéra-Comique c’est quoi ? Contrairement à ce que le nom laisse à penser, il ne se définit pas par l’humour. C’est un spectacle avec une alternance de dialogues chantés et parlés. Un peu comme l’ancêtre des comédies musicales.
Organisée à l’occasion du tricentenaire de la maison fondée sous Louis XIV, cette dernière ne retrace pas l’histoire de l’institution mais est centrée sur les grandes figures théâtrales, Carmen, Mélissandre, Manon et tant d’autres. Autant de figures féminines qui ont bouleversé leurs contemporains et ébranlés les bonnes moeurs de l’époque, à l’image de la flamboyante et libre Carmen.

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7 opéras sont présentés, tous conçus entre 1870 et 1902, la période la plus marquante en création et inventivité :  Carmen, Les Contes d’Hoffmann, Lakmé, Manon, Le Rêve, Louise et enfin Pelléas et Mélisande. On découvre leurs créateurs, les partitions, les costumes prêtés par le centre du costume de Moulin, les affiches et d’autres oeuvres.

Marie Van Zandt en Lakmé
Marie Van Zandt en Lakmé

C’est une immersion complète dans chacun de ces opéras, comme des pages d’un livre que l’on parcourt. Tous les arts sont représentés et on apprend à mieux connaître la genèse de ces pièces et de l’Opéra-Comique à travers elles.

Après pour être totalement honnête j’ai trouvé cette exposition beaucoup moins complète et magique que celle sur la Comédie Française et je suis sortie avec un goût de trop peu, l’impression de n’avoir que survolé ces opéras. Les passionnés de musique trouveront avec ravissement des partitions originales ou des extraits d’opéra et les néophytes apprendront deux trois trucs.
En dehors des deux magnifiques portraits qui nous accueillent, ceux de Carmen sous les traits de Jeanne Gerville-Réache et Célestine Galli-Marié et qui nous plongent d’emblée dans un univers onirique haut en couleurs ; la partie sur l’incendie du 25 mai 1887 de la salle Favart nous emmène pour sa part dans la réalité de cette fin du XIXème siècle, de ces drames qui conduisent à l’adoption de la modernité, ici l’électricité obligatoire dans les  théâtres et cafés-concerts. Cette partie de l’exposition est l’une des plus instructive à mon goût.

Jean Louis Talagrand, l'intérieur de l'Opera-Comique après l'incendie de 1887
Jean Louis Talagrand, l’intérieur de l’Opera-Comique après l’incendie de 1887

En bref, une très belle exposition mais qui aurait mérité d’être plus étoffée même si je suis consciente de la difficulté de la chose. Mais les passionnés de musique doivent absolument s’y rendre.

De Carmen à Melissandre, drames de l’Opéra-Comique.
Jusqu’au 28 juin au Petit Palais

Commissariat général :
Jérôme Deschamps, directeur de l’Opéra Comique
Christophe Leribault, directeur du Petit Palais

 

Commissariat scientifique :
Agnès Terrier, dramaturge de l’Opéra Comique
Cécile Reynaud, conservateur en chef au département de la Musique de la BnF

Cette été au musée de Nantes

J’ai été invité il y a peu au musée des Beaux-Arts de Nantes qui présentait sa programmation estivale, malheureusement je n’ai pas pu y aller, mais pour les remercier j’ai décidé de faire un peu de publicité pour ce beau musée dont le communiqué de presse a l’air très alléchant. N’ayant pas vu de mes yeux ces différentes expositions, je ne peux pas y apporter de point de vue critique, c’est pour cela que la plupart des textes ci-dessous sont extraits tels quels du communiqué de presse.

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Du 20 juin au 22 septembre c’est une exposition très ambitieuse sur Fernand Léger, soutenue par la RMN-Grand Palais, le ministère et les musées nationaux du XX° siècle des Alpes-Maritimes : FERNAND LEGER : RECONSTRUIRE LE REEL.

 

« Considéré comme un peintre « réaliste » en phase avec les éléments de la vie moderne, Fernand Léger propose des années 20 à l’après seconde guerre mondiale, des associations d’objets déroutantes, jouant de ruptures d’échelle, de mises en espaces d’objets flottants, de motifs biomorphiques. S’il reste fidèle au « réalisme de conception » qu’il définit comme celui de la ligne, de la forme et de la couleur, Léger semble aussi attentif aux recherches plastiques des Surréalistes. Ami de Man Ray et de Duchamp, il retrouve, lors de son exil aux Etats-Unis, Masson, Tanguy, Matta, Breton, Ernst et affiche son amitié avec le milieu surréaliste, notamment lors de l’exposition « Artists in Exile » en mars 1942 à la galerie Pierre Matisse de New-York.Un regard approfondi sur l’oeuvre de Léger permet de dégager de grands axes qui semblent pouvoir être rapprochés de certains préceptes du surréalisme. »

 

curiositas-anne-et-patrick-poirier-2870819_10Du 27 juin au 31 août, A l’invitation de Blandine Chavanne, directrice du musée des beaux-arts de Nantes, Anne et Patrick Poirier endossent l’habit de commissaires d’exposition de Musée nomade 2 dans le cadre du Voyage à Nantes 2014. « CURIOSITASest construite à partir des collections publiques nantaises -musée des beauxarts, musée d’archéologie Dobrée et muséum d’histoire naturelle, du patrimoine industriel naval de la ville, de collections privées et des oeuvres d’Anne et Patrick Poirier. Curiositas tisse à travers une sélection atypique d’environ quatre-vingts oeuvres et objets et un accrochage subtil, des liens inattendus entre le passé et le présent, la grande et la petite La connaissance intime de Nantes où Patrick est né en 1942 constitue le fil rouge de cette invitation à une découverte de l’ancienne capitale des ducs de Bretagne à travers le prisme de la mémoire qui est au centre de la pratique artistique d’Anne et Patrick Poirier dès la fin des années soixante ».

"The Non-Thinker", 2012, © AIDA Makoto / Courtesy Mizuma Art Gallery, Tokyo
« The Non-Thinker », 2012, © AIDA Makoto / Courtesy Mizuma Art Gallery, Tokyo

Sur la même période au château des ducs de Bretagne vous pourrez rencontrer un artiste contemporain japonais « CELUI QUI NE PENSE PAS D’AIDA MAKOTO »

Emmanuel FREMIET, Gorille enlevant une femme 1887
Emmanuel FREMIET, Gorille enlevant une femme 1887

Et à l’Atelier, « LA SCULPTURE AU MUSEE : CANOVA, RODIN, POMPON » qui présente 50 sculptures du XIXème siècle, souvent inédites pour le public.

 

Maintenant si vous partez en vacances près de Nantes, vous aurez le programme J