Cartier au Grand Palais : But diamonds are a girl’s best friend

diamant williamson collection de la famille royale d'angleterre
diamant williamson collection de la famille royale d’angleterre

Diamonds are the girls best friends disait une certaine Marylin, et c’est vrai qu’au sortir de cette exposition, on se dit « aaah, il est où le prochain bureau de tabac que je joue à l’Euromillion » car moi aussi je veux des meilleurs amis comme ça, qui brillent de mille feux et qui font rêver derrière leurs vitrines qu’on ne peut même pas toucher avec envie sous peine de voir arriver en 1s chrono le vigile à l’affût.
Vous l’avez compris, bienvenue à l’exposition CARTIER qui orne les murs du Salon d’Honneur du Grand Palais, tout rénové.

Alfred Cartier et ses fils Pierre, Jacques et Louis
Alfred Cartier et ses fils Pierre, Jacques et Louis

La force et l’intérêt de cette exposition, hormis le fait de voir plein de pièces sublimes (600 tout de même) c’est de présenter l’histoire de la maison Cartier comme on le ferait pour une exposition monographique sur un artiste. On part du début (1847) pour aller jusque dans les années 1970 et on peut observer l’évolution du style mais aussi tout le contexte et ce à l’aide de 300 dessins préparatoires et documents d’archives plus des portraits, des tenus, pour bien comprendre toute l’histoire de la maison Cartier qui se cache derrière l’éclat des carats. Et quel éclat grâce à une mise en scène très travaillée qui fait scintiller les bijoux.

On commence donc avec le début, on est plongé dans le Paris du milieu du XIXème siècle, avec la fondation en 1847 par Louis François Cartier, mais il faudra quelques années pour que la maison familiale devienne le « le joaillier des rois et le roi des joailliers»» avec notamment l’implantation en 1899 au 13 rue de la Paix. Les relations avec le monde du luxe et de la Haute couture incarnée alors par Worth se développe, Cartier a désormais son propre atelier et son style se dessine très clairement. L’aspect familial de l’entreprise est essentiel pour comprendre cette maison et son développement. Jusqu’en 1964 c’est la famille qui a les rênes. Et ce sont les liens familiaux (fraternels et filiaux) qui ont permis une extension cohérente à l’internationale avec l’ouverte des maisons de Londres (1902) et New York (1909) confiées à chacun des fils d’Alfred Cartier.
On passe donc de robes en tableaux, on peut admirer des plans de la boutique rue de la Paix, des gravures de modes, des dessins préparatoires, des documents d’archives…On est dans l’intimité de Cartier, rien ne nous échappe.

WP_000803Mais parlons un peu de ce style Cartier qui a su séduire Mathilde Bonaparte, Edouard VII, le Maharaja de Patiala, Elisabeth Taylor et plein d’hautes grandes dames : Marjorie Merriweather Post, la duchesse de Windsor, Daisy Fellowes, Grace de Monaco ou Jeanne Toussaint. Toutes sont évoquées avec certains de leurs bijoux les plus célèbres.
Cartier c’est le style classique en premier lieu. Admirateur de l’Antiquité, Louis Cartier mettait à disposition des dessinateurs sa propre collection. A une époque où l’art nouveau impose une fluidité des lignes, Cartier reste fidèle au style Louis XVI qu’on va appeler « le style guirlande » Le sertissage est discret et laisse voir une dentelle de bijoux.
La géométrie des formes séduira aussi Cartier et l’Art Déco des années 20 va influencer très nettement certaines créations, Cartier est d’ailleurs l’un des précurseur de ce style, appelé « style moderne ». On est dans le noir et blanc avec l’emploi de l’onyx, du cristal de roche et du platine, toujours le platine, imposé en 1900.WP_000829
Mais la couleur ne se cache pas pour autant. Au contraire, elle peut être vive et chatoyante, avec l’emploi de plus en plus fréquent de semi-pierre précieuse : citrine, améthyste, agate, aigue-marine, topaze, turquoise, corail, ambre, jaspe et j’en passe. L’influence des Ballets Russes évoqués par ce superbe tableau de Jacques-Emile Blanche –Karsavina dans l’Oiseau de feu- est frappante. Ils ont décidément révolutionné tous les arts du début du XXème siècle.
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Maharaja of Patiala
Maharaja of Patiala

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut également admirer toute l’influence exotique dans les collections, un coup on est en Egypte, puis en Chine, au Japon, et surtout en Inde…D’ailleurs comment ne pas s’extasier devant le collier de diamants créé pour Bhupinder Singh Maharaja de Patiala, une subtile alliance du style moderne et de la tradition indienne, qui avait été démantelé et reconstitué il y a quelques années par les ateliers Cartier. C’est l’installation de Cartier en Angleterre qui lui fera découvrir tous les joyeux de l’Empire britannique et ses gemmes multicolores qui sortent des mines en profusion.
WP_000812On se rêve également princesse de bal devant ces fameuses tiares, parmi lesquelles celle portée par la Duchesse de Cambridge lors de son mariage, le diadème Halo, créé en 1936 et composé de 739 diamants. Pour rester dans la famille royale d’Angleterre on peut aussi évoquer cette délicate fleur qui s’ouvre autour du diamant Williamson, un dimant rose de 54,50 carats, offert à Elisabeth pour son mariage en 1947.

La-Grande-pendule-mysterieuse-Portique-creee-par-Maurice-Couet_portrait_w674Un tout petit mot sur ces pendules mystérieuses inspirées d’un tour de Jean-Eugène Robert-Houdin adapté pour Cartier par l’horloger Maurice Couët en 1912. Les aiguilles en platine et diamant tournent dans le vide, comme si elles n’étaient reliées à aucun mécanisme et autour d’elle, une enveloppe de luxe. (http://www.cartier.fr/la-maison/patrimoine/la-collection-cartier/2/8). Elles font parties des incontournables de la création Cartier et 18 sont présentées ici. Une occasion rare de pouvoir les observer de près.

broche pince, 1949, Vendue à la duchesse de Windsor
broche pince, 1949, Vendue à la duchesse de Windsor

Enfin, depuis les années 40, l’une des spécialités de la maison Cartier c’est son bestiaire. Toute une faune exotique ou mythologique prend vie sous les doigts des créateurs qui donnent naissance à des objets absolument somptueux, en tête desquels la fameuse panthère. Développée par Jeanne Toussaint muse puis collaboratrice de Louis Cartier, la panthère qui n’était d’abord qu’un motif décoratif va s’imposer jusqu’à devenir l’emblème de la maison. Elle symbolise aussi la femme libre et indépendante ce qui explique peut-être qu’elle plut tant à Wallis Simpson ou Nina Dyer, épouse de Sadruddin Aga Khan.

Messieurs si vous vous dites que cette exposition n’est pas pour vous (ou qu’elle risque de vous coûter un bras en éveillant les envies de votre accompagnatrices), rassurez-vous, Cartier a aussi pensé à vous. On y trouve tout un tas d’objets sublimés, étui à cigarette, nécessaire de beauté, bouton de manchette, l’épée d’académicien de Jean Cocteau, dessiné par lui-même et orné d’une émeraude donnée par Coco Chanel. Sublime ! Vous pourrez même voir la réplique du module lunaire d’Apollon 11 en or jaune, or blanc, laque noire, émail rouge, blanc et bleu.

Vraiment une belle réussite, on en redemande. Attention juste à bien choisir son créneau horaire, car en cas de surpeuplement, il devient difficile et inconfortable d’apercevoir le moindre petit diamant. Mais quand on s’approche enfin, le rêve commence…

WP_000816Cartier, Le Style et l’Histoire
4 décembre 2013 – 16 février 2014
Grand Palais, Salon d’Honneur

commissaires : Laurent Salomé, conservateur en chef du patrimoine et directeur scientifique de la
Rmn-Grand Palais, et Laure Dalon, conservateur du patrimoine, son adjointe.
scénographes : Nicolas Groult et Sylvain Roca

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