Joséphine, l’impératrice sensuelle et élégante prend ses quartiers au musée du Luxembourg

Cette saison je suis gâtée par la RMN, les deux expositions dont je vais vous parlez aujourd’hui et la prochaine fois concernent deux personnages historiques qui font partie de ma top liste de personnes que j’adore. Joséphine parce qu’elle est avec la Joconde mon premier souvenir du Louvre vers 8/10 ans et que je lui voue depuis une admiration de petite fille et Auguste parce qu’il a incarne ma période historique de prédilection la fin de la République et le début de l’Empire romain.

 

2036986-expo-josephine-au-musee-du-luxembourg-gagnez-40-pass-coupe-fileHonneur aux dames, commençons par la « douce et incomparable  Joséphine ». L’exposition qui lui est consacrée en ce moment au musée du Luxembourg et son pendant au domaine de la Malmaison « Joséphine, la passion des fleurs et des oiseaux » célèbre le bicentenaire de la mort de cette femme au destin extraordinaire, l’une des souveraines françaises les plus célèbres, les plus appréciées mais peut-être aussi l’une des plus méconnues paradoxalement.

Amaury Lefébrure, commissaire général de l’exposition tente de retracer en quelques grandes lignes la vie et les passions de celle qui fut vicomtesse de Beauharnais, reine consort d’Italie, impératrice des français et duchesse de Navarre.

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie naît en 1763 à la Martinique où elle passe une enfance aisée, son père étant un riche exploitant de cannes à sucre. Elle quitte son île adoré lors de son mariage avec le vicomte Alexandre de Beauharnais en 1779. L’union n’est pas heureuse mais deux enfants en naitront, deux enfants qu’elle chérira et qui occuperont des places de choix dans le grand échiquier européen napoléonien, faisant d’elle la grand-mère de Napoléon III, de Joséphine de Suède, d’Amélie de Leuchtenberg, impératrice du Brésil et l’ancêtre de nombreuses têtes couronnées actuelles. Eugène, considéré comme son fils adoptif et son héritier par Napoléon naît en 1781 et Hortense, future reine de Hollande et mère de Napoléon III et du duc de Morny nait en 1783.

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La situation politique de son époux durant la Révolution met sa vie en péril, jacobin, président de l’Assemblée constituante, Alexandre de Beauharnais finit guillotiné comme tant d’autres sous la Terreur en juillet 1794. Joséphine échappe de peu au même sort et son ascension commence. Elle devient la reine du Directoire en étant la maîtresse de Barras, élégante et soucieuse de son apparence elle se fait entretenir par de nombreux amants, jusqu’à ce que sa route croise celle d’un jeune général ambitieux : Napoléon Bonaparte. C’est lui qui lui donnera son nom de Joséphine, considérant que son prénom usuel, Rose, avait déjà été trop prononcés par ses amants, il la voulait pour lui seul et il l’épouse civilement le 9 mars 1796. Une minute de contrat de mariage est d’ailleurs exposé, tout comme la déclaration de Joséphine de consentement au divorce en 1809, faute de pouvoir donner un enfant à son époux.

WP_20140324_006Elle avait foi en l’ambition de ce jeune général, elle ne sera pas trompée. Il l’emmène sur les plus hautes marches du pouvoir, jusqu’au sacre le 2 décembre 1804, immortalisé par David.

Andrea Appiani (1754-1817) Joséphine Bonaparte épouse du Premier consul Vers 1801 Huile sur toile. H. 75,5 ; l. 61,5 cm Collection particulière
Andrea Appiani (1754-1817)
Joséphine Bonaparte épouse du Premier consul
Vers 1801
Huile sur toile. H. 75,5 ; l. 61,5 cm
Collection particulière

Le couple est assez peu évoqué, faut dire, il y en a tellement à raconter sur cette union hors du commun. Un amour passionnel les a unis, le général Bonaparte était fou d’elle, Joséphine un peu moins, puis les rôles se sont inversée et le divorce a été pour elle très dure à vivre. Elle aura été son égérie, son porte bonheur et il est « amusant » de constater que le divorce marque le début de la fin de la grandeur napoléonienne.

Andrea Appiani (1754-1817) Portrait de Napoléon Bonaparte Vers 1801 Huile sur toile. H. 98 ; l. 80,8 cm Collection particulière, Montréal, Canada
Andrea Appiani (1754-1817)
Portrait de Napoléon Bonaparte
Vers 1801
Huile sur toile. H. 98 ; l. 80,8 cm
Collection particulière, Montréal, Canada

« Douce et incomparable Joséphine, quelle effet bizarre faite vous sur mon cœur ! »

« Chaque instant m’éloigne de toi, adorable amie, et à chaque instant je trouve moins de force pour supporter d’être éloigné de toi. »

« Je n’ai pas passé un jour sans t’aimer ; je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras ; je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie »

« J’espère bientôt, ma douce amie, être dans tes bras. Je t’aime à la fureur »

L’exposition tente de nous faire comprendre toutes les facettes de cette femmes représentées par de nombreux artistes : David, Prud’hon, Gillroy, Garnerey, Chinard, Appiani, Riesener et même longtemps après sa mort où elle devient une héroïne tragique comme chez Hector Viger ou Fréderic Henri Schopin.  Elle est à la fois sensuelle, impérieuse, raffinée, gracieuse dans tous ces mouvements, douce et généreuse. Elle incarne à elle seule La femme du 1er empire, bien plus que celle qui lui succédera sur le trône.

serre-bijoux de Joséphine
serre-bijoux de Joséphine

Joséphine a bon goût et elle aime le montrer. Elle dépense sans compter pour s’acheter des milliers de tenues, rendant fou Napoléon. Mais voulant que sa femme soit la plus belle de l’Empire et incarne la magnificence du pouvoir, il lui cédait finalement presque tout. Elle aimait la mode passionnément comme le montre les deux belles tenues exposées, Mme de Rémusat dit qu’elle expira « toute couverte de rubans et de satin couleur rose ».  Et elle possédait de superbes bijoux comme ce diadème exécuté dans un coquillage de cassis cornuta-le camée coquille ». Il suffit d’observer ce « grand écrin » pour imaginer quelle collection elle devait avoir. Tout en acajou massif et possédant trente tiroirs d’amarante, ce serre-bijoux incarne parfaitement le style empire.  Elle avait également un mobilier somptueux pour décorer à son goût ses propriétés de la rue de la Victoire et les châteaux de la Malmaison et de Navarre à l’image de ce fauteuil à accotoirs en forme de cygnes créé pour elle par Jacob Frère, le cygne étant l’animal emblématique de l’impératrice, on voit d’ailleurs plus loin une aquarelle du fameux Cygne noir du détroit de Bass qu’elle avait récupéré pour La Malmaison.

Pierre Dandelot Cygnes noirs du détroit de Bass Aquarelle d'après Léon de Wailly H. 0,25; L. 0,41 cm Musée national du château de Malmaison
Pierre Dandelot
Cygnes noirs du détroit de Bass
Aquarelle d’après Léon de Wailly
H. 0,25; L. 0,41 cm
Musée national du château de Malmaison

 

L’impératrice commande énormément d’œuvres d’art, par passion personnelle et pour les fastes de la cour impériale, elle participe au renouveau des manufactures de la Savonnerie, des Gobelins et de Sèvres.

 

Mais l’œuvre de sa vie c’est la Malmaison qui devient peu à peu son refuge, où elle peut s’isoler du monde. Pour les jardins elle laisse courre à sa passion pour la botanique dans un parc qu’elle agrandit considérablement (de 60hect le domaine passe à 726 hect) et la zoologie en entretenant une ménagerie exotique et surtout une collection de roses, sa fleur fétiche, absolument unique pour l’époque de par sa richesse. Les murs sont remplis de tableaux qu’elle achète et commande. Acheté dès 1799 pour 325.000 F, ce petit château devient l’un des sièges du pouvoir. Remit au goût du jour par Percier et Fontaine, la Malmaison est l’incarnation d’une riche demeure impériale au style hérité de l’Antiquité.

C’est à son domaine qu’elle se consacre suite à son divorce, elle y recevra le tsar Alexandre Ier et c’est durant sa visite qu’elle prendra froid, entraînant sa mort quelques semaines plus tard.

L’exposition est très belle et on y voit de très belles choses, peintures, documents d’archives, bijoux, arts décoratifs ou mobilier. Le seul bémol c’est que la vie et le goût de Joséphine ne sont finalement que survolés et j’aurai bien vu une mise en scène digne de l’exposition consacrée à Marie-Antoine au Grand-Palais. Mais admirant tellement ce personnage au destin hors du commun, je vois peut-être les choses en trop grand.

Joséphine
12 mars – 29 juin 2014
Musée du Luxembourg, Paris

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commissaire général : Amaury Lefébure, Conservateur général du Patrimoine, Directeur du musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.
commissaires : Elisabeth Caude, conservateur en chef, Céline Meunier, conservateur en chef, Christophe Pincemaille, chargé d’études documentaires, Alain Pougetoux, conservateur en chef au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

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