Pissarro à Eragny

illusprogramme-pissarroRestons dans la nature avec le doyen des impressionnistes, Camille Pissarro (1830-1903). Moins connu qu’un Monet ou qu’un Renoir, Pissarro tient pourtant une place à part dans l’Histoire de l’art du XIXe siècle et du mouvement impressionniste. Proche de Corot, Monet, Cézanne, Daubigny ou encore Gauguin il est le seul peintre à avoir participé à toutes les expositions du groupe entre 1874 et 1886.

L’exposition du musée du Luxembourg ne se veut pas monographique, elle s’attache à une petite partie de sa vie, celle de son installation dans le village d’Éragny-sur-Epte dans l’Oise à partir de l’hiver 1884. Sa femme, Julie Vellay, attend son 8eme enfant, il cherche un endroit pour toute sa famille. Parmi toute sa petite tribu, 5 de ses fils deviendront peintres à leur tour. Lucien, l’aîné fonde même en Angleterre une maison d’édition, Eragny Press en hommage au village familial.

Camille Pissarro, Coin de jardin à Éragny, 1897 © Ordupgaard Museum

C’est une période de stabilité, de douceurs, de joies familiales, de paysages quotidiens et de motif récurrents. Il devient propriétaire de sa petite maison en 1892 grâce à un prêt de Monet et il y reste jusqu’à sa mort en 1903.

C’est bien évidement des paysages à profusion qui nous sont présentés. Différentes vues d’un même endroit, différentes lumières, typique des impressionnistes mais qui évoluent avec le temps vers un renouveau néo-impressionniste proche de Seurat. Ses convictions politiques sont également abordées. Pissarro était comme de nombreux artistes des années 1880 proche des idées anarchistes, il sera même recherché comme anarchiste non-violent après l’assassinat de Sadi Carnot en 1894. Il était partisan d’un art pour l’art, proche de tous, montrant le travail et débarrassés des idées religieuses et capitalistes. En 1889 il entreprend d’illustrer un album anarchiste, Turpitude sociale qui influence ses propres fils à ses idées politiques. Il s’attache également à peindre le monde rural avec le plus de fidélité possible. Il réaliste ainsi un livre illustré, Le travail des champs.

Camille Pissarro, Le bain de pieds, 1895 © Art Institute of Chicago

C’est une belle exposition à faire qui raconte avec douceur les dernières années de la vie de Camille Pissarro et le lien qui l’a uni à Eragny, un lien similaire à celui qui a uni Giverny et Monet.

Exposition au musée du Luxembourg 16mars-9 juillet 2017

Commissariat : Richard Brettell, directeur de l’Edith O’Donnell Institute of Art History, The University of Texas, Dallas et Joachim Pissarro, Bershad professeur d’histoire de l’art et directeur des espaces artistiques du Hunter College, City University of New York.

Scénographie : Etienne Lefrançois et Emmanuelle Garcia

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