Jean-Baptiste Huet, l’animalier joyeux

Le musée Cognac-Jay (à visiter absolument pour les amoureux du XVIIIème) nous propose en ce moment une exposition consacrée à un illustre inconnu : Jean-Baptiste Huet (1745-1811), peintre membre de l’Académie royale de peintures tombé dans l’oubli de l’Histoire de l’art. Sa peinture reflète parfaitement son époque, pleine de couleurs gaies et de jolies bergères, c’est la joie picturale de l’époque rocaille.

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Jean-Baptiste est avant tout un peintre animalier comme en témoigne son morceau de réception à l’Académie royale en 1769 avec « Un dogue se jetant sur des oies ». Ces œuvres animalières, comme la plupart des artistes de son temps imprégnés de sciences, sont très naturalistes et en plus des animaux exotiques, elles représentent les animaux de la ferme qu’il peut côtoyer chez lui dans sa propriété de Villiers-sur-Orge. Comme tous les peintres ayant ce type de spécialisation, il travaille beaucoup à l’aide de dessins, de croquis pris sur le vif à la Ménagerie de Versailles ou ailleurs. L’exposition présente d’ailleurs certains de ces dessins, plein de finesse. On est malgré tout assez loin de la rigueur anatomique d’un Desportes ou du soucis théâtral d’Oudry, mais ses œuvres ont un certain charme.WP_20160315_14_49_49_Rich_LI.jpg

En bon peintre rocaille, comme je l’ai dit en introduction, Huet aime à représenter de belles pastorales où les jolies bergères aux joues roses flânent dans la campagne. Le genre de la pastorale a été mis au goût du jour par Boucher et connu aussi de belles heures avec Fragonard. Le monde rural est dans toutes ces œuvres idéalisé, comme un joyeux rêve et dedans s’y retrouvent les amours des dieux.

La dernière partie est consacrée aux éléments de décor si important au XVIIIème siècle à travers entre autres, la toile de Jouy. Huet s’y révèle en véritable ornementaliste mêlant les éléments rocailles (espagnolette et autre) et les éléments témoignant du néoclassicisme naissant. Ses réalisations essentiellement pour des cercles privés lui firent jouir d’un bon niveau de revenus et cette absence ce commandes royales explique aussi la renommé discrète de Huet. Les années 1780 sont particulièrement intéressante pour sa production, c’est durant cette décennie qu’il intensifie sa collaboration avec Jouy avec une quarantaine de dessins. C’est d’ailleurs surtout à travers ses délicates toiles que son nom est connu

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Bien que petite, cette exposition met bien en lumière la diversité picturale de ce peintre. Jean-Baptiste Huet est l’image même du peintre du XVIIIème siècle et nous découvrons ses différentes facettes toutes charmantes. En plus c’est l’occasion de découvrir ce petit musée Cognac-Jay qui regorge de trésors, comme de très beaux Boucher.

Bonne visite!

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