Elisabeth Louise Vigée Lebrun, la peinture faite femme

VIGEE-LE-BRUN-GRAND-PALAIS_3165950067978316385Avant les fêtes, je voulais vous parler d’une exposition que j’ai beaucoup aimée, celle consacrée à Elisabeth Louise Vigée-Lebrun.

Bon après, il faut aimer les portraits car à de très rares exceptions, il n’y a que ça, mais moi j’adore, c’est comme rencontrer plein de personnes qui vous parlent depuis le passé, et à travers elles découvrir tout une époque, sa mode et sa culture.

Quel destin extraordinaire que celui de cette femme, fille de peintre, épouse de marchand d’art, amie des plus grands et admirée par toutes les cours d’Europe, qui a connu à la fois l’Ancien Régime, l’exil de la Révolution et l’essor de l’Empire. C’est un petit bout de son parcours que vous propose de découvrir le Grand Palais à travers  le regard de toutes ces figures qu’elle a croisé au cours de son existence, ces princes et ces princesses, ces duchesses, ces reines.

Fille de Louis Vigée, pastelliste, membre de l’Académie de Saint Luc, c’est à ses côtés qu’elle commence à se former puis au décès de ce dernier auprès d’un ami de la famille, Gabriel-François Doyen.  Elle prend également des leçons dans les ateliers de Blaise Bocquet, Pierre Davesne et Gabriel Briard et reçoit les précieux conseils de Joseph Vernet qui la soutiendra pour son entrée à l’Académie Royale de peinture, quelques années plus tard en 1783. Son style s’inspire à la fois de Rubens, Van Dyck  ou Greuze. Ses premiers modèles sont les membres de sa famille, son frère, sa belle-sœur, sa mère et ses amies.
Son époux Jean-Baptiste Lebrun, participe également par ses connaissances en tant que grand marchand d’art à l’épanouissement de la carrière de sa femme même si leur union n’est pas vraiment heureuse.

Louise_Elisabeth_Vigée-Lebrun_-_Marie-Antoinette_de_Lorraine-Habsbourg,_reine_de_France_et_ses_enfants_-_Google_Art_ProjectPeu à peu les talents de Vigée Lebrun la font connaître de la cour, elle fait le portrait du comte et de la comtesse de Provence puis en 1778 elle devient peintre de la reine Marie-Antoinette. L’amitié qui unit ses deux femmes est très forte, elles se comprennent, et nulle autre qu’Elisabeth Louise sait mieux portraiturer la reine avec naturelle. Parmi ses œuvres les plus célèbres, « Marie Antoinette en grand habit de cour » du  Kunsthistorisches Museum, « Marie Antoinette en robe de gaulle » qui fit tant scandale et le touchant  « Marie-Antoinette et ses enfants » qui montre la reine dans son intimité de mère.

16350
Julie Le Brun Wrightsman Collection

C’est également une peintre de l’enfance excellente, elle peint les bébés, genre qui se développe à l’époque, avec douceur et tendresse. Sa propre fille, Julie, lui servira plusieurs fois de modèles.

Cette proximité la menace quand la révolution éclate, elle est alors obligée de fuir avec Julie dans la nuit du 6 octobre 1789. Commence alors un long exil à travers les cours européennes où sa réputation lui amène multitude de commandes qu’elle exécute avec brio, la conduisant de Rome à Naples, puis à Vienne et enfin à Saint Pétersbourg à la cour de Catherine II où elle demeure 6 ans.

I

Vigée-Lebrun,_Elisabeth_-_Varvara_Ivanovna_Narishkine_-_1800
Varvara Ivanovna Narychkine, née Ladomirsky (1785-1840) (1800), Columbus Museum of Art.

l lui faudra attendre 12ans pour retourner à Paris où son nom est toujours apprécié. Elle y retrouve son époux, sa famille et ses amis peintres, comme Hubert Robert dont elle fit le portrait. La famille impériale pose pour elle, notamment Caroline Murat avec qui les relations furent…compliquées.

Les 150 œuvres qui jalonnent le parcours sont autant de rencontres merveilleuses avec les modèles que Vigée Lebrun sait parfaitement sublimer, avec l’artiste elle-même, l’une des plus demandées du XVIIIème siècle et avec ses contemporains. On découvre le talent de cette belle virtuose et à travers elle la vie d’une femme artiste avant la Révolution, car Vigée Lebrun n’est pas un cas à part. D’autres femmes peintres sont présentées, notamment Adélaïde Labille-Guiard qui est reçu avec elle à l’Académie, mais aussi Adèle Romany, Anne-Rosalie Bocquet, Marie Guillemine Le Roulx de La Ville ou Marie Victoire Lemoine.

Personnellement j’aime beaucoup le style d’Elisabeth Louise Vigée Lebrun. Sa douceur à la fois dans la touche et le coloris. C’est d’une féminité absolu. Cette femme  était  à n’en point douter extraordinaire en plus d’être très belle comme le prouve les portraits faits d’elle, et elle méritait une rétrospective de ce type. L’exposition consacrée à Marie Antoinette l’avait mise en lumière, là elle brille de mille feux.

Sur ce, je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année.

Elisabeth Louise Vigée Le Brun 1755-1842 23 septembre 2015 – 11 janvier 2016
Grand Palais
commissaires : Joseph Baillio, historien de l’art, Xavier Salmon, conservateur général du patrimoine, directeur du département des Arts graphiques du musée du Louvre scénographie : Loretta Gaïtis

 

 

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