Gaultier c’est terrible mais dans le bon sens

Après le chic Lanvin voici l’excentrique Gaultier. Le créateura partagé le Grand Palais avec Vélasquez et règne désormais seul jusqu’au 03 aout avec son univers loufoque et transgressif qui ne s’interdit rien.

« L’enfant terrible de la mode » a su inspirer une exposition aussi terrible que lui où on ne s’ennuie pas une seule seconde,  mais où au contraire on attend d’être surpris encore et encore comme avant un défilé à se demander ce que nous réserve le créateur.

WP_20150720_004[1]La première partie est une plongée dans l’intimité de Jean-Paul Gaultier : son enfance dans une famille modeste de la région parisienne évoquée par ses photos de famille, sa passion pour le cinéma et les variétés, notamment le film  Falbalas, de Jacques Becker avec Micheline Presle qui détermine sa vocation ou encore ses premières créations essayées sur son ours en peluche Nana et ses débuts dans la maison Cardin.
Après ce prélude qui laisse deviner un enfant déjà hors du commun on plonge dans le vif du sujet avec sa première collection présentée en 1976 au Planétarium du Palais de la Découverte.

WP_20150720_007[1]La suite de l’exposition présente de manière harmonieuse à la fois les créations qui se succèdent et les sources d’inspirations très hétéroclites qui ont guidées Jean-Paul Gaultier jusqu’au sommet de la mode mondiale. La scénographie a de fantasque qu’elle donne des visages animés aux mannequins via un système de projection vidéo. Ces derniers vous regardent, sourient, chantent ou parlent, l’un d’ailleurs a le visage du créateur en personne.
WP_20150720_005[1]On commence le voyage dans le monde marin, « l’Odyssée » avec ces sirènes envoutantes et le fameux marin dont le pull à rayures devient presque une signature en soit pour Gaultier, un classique indémodable selon ses dires.
La partie Punk Cancan est comme son nom l’indique un mixte entre le classique à la française, béret et tour Eiffel et le punk anglais avec son cuir, ses crêtes et son tartan. Le point de rencontre entre ses deux cultures est l’un des leitmotivs de Gaultier, un savoureux mélange de provocation et de classique, comme ces robes tour Eiffel ou le tailleur pour femme dont la veste se porte entièrement devant et laisse le dos nu. La mise en scène de cette pièce est particulièrement soignée. D’un côté une série de punk aux grandes crêtes de cheveux dans un style très David Bowie, sur un podium défilent différents mannequins avec il m’a semblé la voie de Catherine Deneuve pour les présenter et de l’autre, des mannequins aux allures et aux looks des vedettes amies et fidèles de Gaultier : Inès de la Fressange, Conchita Wurst, Rosy de Palma, Catherine Deneuve et autres.

WP_20150720_011[1]Gaultier se démarque de ses collègues créateurs par son goût très prononcé pour l’anticonformisme. Il choisit très souvent pour ses défilées des « mannequins » loin des canons habituels, les plus connues étant Conchita Wurst ou Beth Dito par exemple mais aussi des tops transgenres comme Andrej Pejic. Parfois il organise même des castings sauvages pour compléter sa gamme.
Ces choix donnent aux défilés de Gaultier un goût savoureux et unique et animent les créations d’une autre manière. Il fait souffler sur la Haute-couture un vent de fraicheur, de modernisme mais surtout de tolérance absolue, déliée de toutes formes de tabous.

Et que serait une exposition sur Gaultier sans ses fameux corsets et bien sûre Madonna qui les porte. Il réinvente complétement le concept, le dégage de son image de carcan pour femme mais au contraire en fait un instrument de sensualité qui se montre en se portant sur les vêtements à l’image d’un veston.

WP_20150720_013[1]WP_20150720_010[1]

 

 

 

 

 

Ses collections où se mêlent les éléments sexuels et presque sadomasochistes sont une autre facette de sa conception du vêtement.  La matière devient une seconde peau et son style transgressif transforme la femme en amazone moderne.

Enfant de son siècle, Jean-Paul Gaultier va s’approcher d’autres formes d’art, intégrant la mode dans un spectacle plus vaste qu’est le cinéma. Il créé ainsi les costumes du Cinquième élément, de la Cité des enfants perdus ou de La mauvaise éducation parmi d’autres. Son amour du cinéma fera de lui le premier couturier à devenir jury au festival de Cannes en 2012. Il va également explorer le monde du théâtre, de la danse et collabore avec de nombreuses stars aussi différentes qu’Yvette Horner, Mylène Farmer ou Lady Gaga. Cet homme n’a ni frontières, ni limites. Il touche à tous et tout le monde et avec génie.

Ce multiculturalisme, cette fascination pour différents arts, différentes personnes, le pousse parfois à créer des vêtements comme des carrefours culturels, des hybrides créatifs. La dernière partie de l’exposition mêle l’art espagnol, les capuches Inuits, le treillis militaires et les fleurs chinoises et que dire de cette robe de mariée mi indienne des plaines-mi baroque à perles ?

WP_20150720_022[1]Cette exposition est vraiment géniale, je vous la conseille même si elle s’achève très rapidement. C’est à la fois une ode à la créativité mais aussi à la tolérance et à l’ouverture d’esprit. A voir, à voir, à voir mais pensez à préréserver car il y a du monde au portillon.

 

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