L’astre espagnol brille au Grand Palais. Vélasquez : « peintre des peintres »

velazquez-expo-affiche-francesoir_5C’est une saison faste pour les amateurs de Vélasquez,  le  « Peintre des peintres » selon Manet, trône de tout son talent sur Paris et impose son génie dans un pays qui possède peu de ses toiles.
Cette exposition que l’on doit à la RMN-Grand Palais, au Louvre, au Kunsthistorisches museum de Viennes et aux prêts du Prado est une pépite précieuse et rare. La plupart des œuvres du maitre de la peinture espagnole sont en effet au Prado qui a pour règle de ne jamais se déposséder de plus de 7 toiles du peintre. Ainsi réunir 64 œuvres relève presque de l’exploit. Il faut donc les savourer malgré l’absence des Ménines et de la Reddition de Breda. Le Pape Innocent X, «Troppo vero!» au regard intense et la Vénus au miroir toute en mystère et sensualité vous consoleront.

Vénus au miroir, 1647-1651  National Gallery

Le parcours est ici essentiellement chronologique, de ses débuts à Séville où il naît en 1599, à ses successeurs les Vélasqueños, avec quelques apartés thématiques, l’art profane et sacré, les portraits de cour et ceux de l’infant Baltasar Carlos.

Il naît donc à Séville, ville riche, puissante, foyer religieux et artistique de l’Espagne du Siècle d’or. Il commence à se former chez Francisco de Herrera le Vieux puis Francisco Pacheco qui devient son beau-père.

Sa peinture devient rapidement très réputée notamment dans le genre des bodegónes (les natures mortes, scènes de caves). Il se plait dans ce style très naturaliste, représentant les humbles gens qu’on appelle les picaros. Il faut dire que depuis le milieu du XVIème siècle, la littérature picaresque est elle-même très en vogue en Espagne.

Arrivée une première fois à Madrid, il s’ouvre à des influences très variées et son art évolue. Il découvre notamment le caravagisme qui inonde l’Europe dont l’Espagne via des peintres comme Jusepe de Ribera, Juan Bautista Maino et Bartolemeo Cavarozzi.
Même s’il ne se fait pas reconnaitre tout de suite, il est appelé par le comte d’Olivares pour exécuter un portrait du souverain Philippe IV. C’est un succès, il est nommé peintre du roi le 6 octobre 1623.
Les vieux peintres académiques en place eurent du mal à l’accepter, le considérant comme un provincial peintre de nature morte, ils organisèrent donc un concours pour la décoration du Grand salon de l’Alcazar. Il remporta ce concours dont les membres du jury étaient essentiellement des italiens et cette victoire impose la modernité de Vélasquez à la cour d’Espagne.
Grâce à cette fonction de peintre du roi, il rencontre de grands noms dont le gouverneur des Pays- Bas, le peintre Paul Rubens avec qui il se lie d’amitié et qui lui conseille vivement le voyage en Italie. Il en fera deux, un vers 1630 et l’autre vers 1650. Il y découvre notamment l’art du Tintoret, Le Guerchin, Giorgione, Raphaël et tant d’autres.

Portrait de l’infant Baltasar Carlos sur son poney 1634-1635 Musée du Prado

En tant que peintre du roi, l’essentiel de sa production est constituée de portraits. Philippe IV apparait en grand habit, en costume de chasse, en buste, en pied ou à cheval, jeune puis moins jeune etc. Ses filles les infantes Marie-Thérèse et Marguerites grandissent sous son pinceau tout comme l’héritier Baltasar Carlos. Ce dernier décède à seulement 16 ans et n’accède pas au trône mais grâce à Vélasquez il est resté dans la postérité. Les représentations qu’en fait le peintre, font partie des plus célèbres peintures d’enfant roi. Le petit prince chevauche un poney comme un destrier de guerre, il est en tenue de chasse comme son père, ou encore plus jeune il tient des jouets comme des insignes royaux. On sent à la fois toute l’affection de l’enfance mais aussi les espoirs dynastiques qui reposent sur ses petites épaules.
Enfin comment parlé des portraits de cour de Vélasquez sans parler de ses portrais de nains, comédiens et autres bouffons de cour qui animent singulièrement ses œuvres et qui ont contribués à son succès.

Portrait du pape Innocent X 1650 Huile sur toile, 140 x 120 cm Rome, Galeria Doria Pamphilj © Amministrazione Doria Pamphilj srl

Les deux chef-d’ œuvres de l’exposition à savoir Innocent X et la Vénus au miroir furent réalisés durant son second voyage en Italie. Ces deux peintures sont considérées chacune dans leurs genres respectifs comme des œuvres absolument majeures et encore aujourd’hui on ne peut que les admirer. Francis Bacon réalisa ainsi 45 variations du portait du pape. Ce portrait se situe dans la grande tradition des portraits papaux, dans la lignée des Raphaël ou Titien. Vélazques cherche à dégager à son tour la force du souverain pontife à travers un regard particulièrement expressif et une touche vif et libre.

La fin de l’exposition mentionne ses dernières années, les portraits des infantes notamment avec la multiplication des portraits de Marie-Thérèse pour son mariage avec Louis XIV. Puis se sont ses successeurs qui sont à l’honneur. Peu nombreux car Vélasquez n’avait pas d’école à proprement parlé. L’exposition aurait presque pu aller jusqu’au XIX et XXème siècle pour montrer l’extraordinaire postérité de ce peintre auprès d’artistes non moins talentueux comme Goya et Manet, Dali et Picasso.

L’Infante Marie-Thérèse Vers 1652 Huile sur toile, 34,3 × 40 cm Metroplitain museum of art
L’Infante Marie-Thérèse
Vers 1652
Huile sur toile, 34,3 × 40 cm
Metroplitain museum of art

Vous l’aurez compris c’est une exposition riche en matière qui nous ai proposé ici. La qualité supplante la quantité et ce n’est pas plus mal. Munissez-vous d’un peu de patience car le bouche à l’oreille fonctionne à merveille et la foule se presse devant les portes du Grand Palais.

Il vous reste un peu moins d’un mois, entonces enviamos…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s