La Sécession viennoise de Klimt illumine la Pinacothèque

Gustav Klimt est peut-être l’un des artistes les plus subjuguant de ce fin XIXe-début XXe siècle avec des œuvres esthétiquement empruntes de mystères et d’érotismes, jonglant entre modernité et classicisme.

Les œuvres de lui en France ne sont pas nombreuses, aussi lorsqu’une exposition lui est consacrée, on court. Alors certes certains vous diront « tout ça pour ça », car avec 15 œuvres de Klimt sur plus de 150 exposées, ce n’est pas le grand déballage. Mais même s’il n’y en a pas beaucoup, qu’est-ce qu’elles sont belles, bien que ce soit très subjectif.

La Pinacothèque organise en ce moment, l’une de ses expositions les plus réussies depuis longtemps à mon avis : des œuvres remarquables de beauté mais aussi d’importance pour l’Histoire de l’art, un parcours clair et des explications précises sans être assommantes. Et en bonus, audio guide gratuit pour ceux qui le souhaite. Alors que demande le peuple ?

Ernst Klimt, Pan et Psychée
Ernst Klimt, Pan et Psychée

Nous sommes plongés dans la Vienne impériale de la fin du XIXème siècle, la Vienne de François-Joseph dont le buste nous accueille, La vienne de Sissi, du faste, mais aussi la Vienne très conservatrice d’un point de vue artistique.

C’est dans ce contexte riche à tout point de vue, que va éclore l’art de Klimt et de ses compagnons et que se créé la Sécession Viennoise (Secessionsstil) en 1897, fondée par Josef Olbrich, Josef Hoffman et Gustav Klimt.
Influencée par l’idée Nietzschéenne d’un instinct force créatrice, la Sécession viennoise est souvent considérée comme la branche autrichienne de l’art nouveau. Elle se définit comme une recherche de synthèse totale entre tous les arts, une ouverture aux arts décoratifs et arts appliqués mais aussi aux arts de tous les pays. C’est la quête de l’œuvre d’art totale. C’est pour cela qu’en plus de peinture vous verrez des projets d’architecture, des objets d’art, des photographies et du mobilier.

Photo: Gustav Klimt - Reconstitution de la Frise Beethoven, 1985. Technique mixte sur plâtre sur chaume 216 x 3438 cm
Photo: Gustav Klimt – Reconstitution de la Frise Beethoven, 1985. Technique mixte sur plâtre sur chaume 216 x 3438 cm

La Sécession a son propre palais où elle organise des expositions. Conçu par Olbricht, sur son fronton il porte la devise du mouvement : « à chaque époque son art, à l’art sa liberté ».
Mais les divergences de points de vue vont peu à peu séparer ses membres. Il y a notamment rupture entre les naturalistes-conservateurs et ceux qui veulent croire à l’art total et dont fait partie Klimt.

Theodor von Hörmann, Blick auf Paris, 1890, Öl auf Leinwand, 46 x 81 cm, Belvedere, Wien, Inv.-Nr. 3799
Theodor von Hörmann, Blick auf Paris, 1890, Öl auf Leinwand, 46 x 81 cm, Belvedere, Wien, Inv.-Nr. 3799

Le parcours de l’exposition de la Pinacothèque se veut thématique, le contexte historique viennois pour commencer et les premiers artistes de ce mouvement avec leurs nombreuses inspirations, notamment l’art contemporain parisien et plus particulièrement l’impressionnisme. Nombreux sont les peintres viennois à séjourner dans la capitale française et leurs œuvres témoignent de cet amour.

Le goût de l’antique, de la mythologie est aussi palpable tout comme la fascination pour ce qui est alors une révolution en médecine, la psychanalyse de Freud.  Deux gravures d’œuvres aujourd’hui détruites par les nazis sont là pour nous le rappeler : La Philosophie et la Médecine qui firent scandale en leurs temps.

la philosophie
la philosophie

Morceau de choix, la copie de la frise de 34m de long consacrée à Beethoven, illustrant la 9e symphonie et présentée pour la première fois en 1902 est l’un des points d’intérêts de cette exposition. L’original orne toujours les murs du palais de la Sécession.  Voici un exemple d’œuvre totale mêlant la peinture, l’architecture et la musique où Klimt peint en y ajoutant divers matériaux ce qu’il ressent en écoutant ce morceau.

La femme tient aussi une part essentielle dans l’œuvre de Klimt et de ses contemporains. La femme sous toutes ses coutures si on peut dire, sans idéalisation, tantôt fragile, tantôt fatale.

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Judith I

Judith et Salomé sont deux figures bibliques qui ont toujours fasciné les artistes de tous siècles, inventant et réinventant le thème à loisirs. La Judith I de Klimt est l’un de ses chefs-d’œuvre les plus célèbres. On y décèle une multitude d’influences, l’or des mosaïques de Ravenne, la cadre Art Nouveau. Mais surtout sa Judith est l’incarnation de la femme sensuelle, elle ne se dérobe pas, elle est peinte de face, les yeux mi-clos, presque en extase.
Dans cette vision de la femme, la photographie prend une place importante. Car N’oublions pas cette ouverture sur tous les arts que prône la Sécession. Cohabitent ainsi à côté des peintures de nombreux clichés notamment d’Heinrich Kühn.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette exposition et je vous la conseille, il vous reste un peu plus d’un mois pour découvrir ce mouvement artistique viennois et son chef de fil Gustav Klimt, dont les acolytes sont aussi plein de talents.

Au temps de Klimt, la Sécession à Vienne, Pinacothèque de Paris
12 février-21 juin 2015

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