Koons Superstar

Un peu de folie dans un monde de brute, cela pourrait-être le sous-titre de la rétrospective consacrée à Jeff Koons au centre Pompidou.

693_xlEst-il seulement utile de présenter l’artiste contemporain néo-pop le plus connu et le plus cher et habitué des records ? Oui un peu, car pour le grand public Kaons c’est souvent du caniche rose en ballon ou un homard qui pend, (Acrobat) mais pas seulement en fait !

Etudiant en peinture à la School of the Art Institute of Chicago et au Maryland Institute Collège of Art, il s’entraine également comme les plus grands peintres en copiant des œuvres de maîtres. Fasciné par Dalí, il réussit à le rencontrer et il devient plus tard ami de David Salle et Julian Schnabel.

689_xlSon art fonctionne sous forme de série. Il en a réalisé plus d’une quinzaine dont la plupart sont représentées dans le parcours, de la première Inlavables, très influencée par les readymades, composée de fleurs et de lapins gonflables posés sur des miroirs, à la dernière Gazin Ball présentée en 2013.

L’artiste vit avec son temps et est un interprète puissant et provocateur de cette société américaine puis mondiale marquée par la consommation à outrance. Ces œuvres sont souvent très liées à la pop culture ou encore aux objets du quotidien, ce qui peut évoquer Duchamp ou Warhol, notamment pour les pièces des séries Pre-New  et The new  qui consistent en des aspirateurs ou autre articles ménagers posés sur des néons. Par ce travail, il cherche à comprendre la société de consommation qui glorifie tel ou tel objet. Cette fascination et cette réinterprétation des objets et des figures du quotidien habiteront tout son art.

La série Equilibrium marque peut-être le début de cette fascination pour les objets en suspension. Il s’aide notamment pour ses recherches du prix Nobel de physique Richard Feynman. On y trouve des ballons de basket enfermés dans des aquariums comme en suspension, mais aussi Life boat (1985), un bateau de secours gonflable mais tout en bronze. Ce dernier est un peu l’alliance de la légèreté de l’objet et de la lourdeur de la matière. On retrouvera cet équilibre dans Ballon dog ou ballon Rabbit et Elephant qui semblent prêts à s’envoler si on souffle dessus mais qui sont en réalité de vrais sculptures d’acier.

Avec Luxure and Degradation il retourne en 1986 à son interrogation sur la consommation et plus précisément celle de l’alcool à travers la publicité qu’il détourne allégrement ou en réalisant des objets tout en inox. Toujours en inox, Statuary reprend des œuvres classiques (Louis XIV, jardinière de fleurs ou un lapin) pour en faire de nouvelles œuvres modernes.

WP_20150119_006Viennent ensuite Banality et Celebration avec des œuvres cultes. La statue de Michael Jackson en porcelaine (1988) pour la première, qui le couronne comme un artiste définitivement pop et le Ballon dog ou encore Boy and Pony pour la seconde. Cette série très enfantine s’étale sur une vingtaine d’année (1994-2014) et renferme des œuvres très différentes les unes des autres, toujours très joyeuses et techniquement très impressionnantes. Le rendu plastique qu’il réussit à rendre par la peinture ou le métal est visuellement très fort. On oublie la matière première pour ne voir que la création et ce qu’elle devrait être. Chacune des 20 sculptures se décline en 5 couleurs, un peu comme des biens de consommation personnalisables.

Les quatre séries suivantes Easyfun (1999), Easyfun ethereal (2000), Popeye (2003) et  Hulk Elvis (2004) sont un peu dans le même esprit festif et inspirées de la pop culture. La peinture se fait plus présente, appuyée par l’ordinateur.

WP_20150119_004Depuis 2008, date de son invitation à Versailles, l’influence de l’art ancien se fait plus visible. La série Antiquity est pleine de référence à l’art antique détourné de toutes les façons possibles et imaginables, juxtaposé sur des toiles à des espèces de gribouillis, excusez-moi pour ce mot, mais je n’en vois pas d’autres. C’est toujours le même, qui ressemble à s’y méprendre à un sexe féminin. Car oui, le sexe est très présent dans l’art de Koons, de façon suggestive très souvent (Cat on a Clothesline par exemple, vu de face peut évoquer un pénis d’homme ou un petit chat trop mignon dans une chaussette avec 2 fleurs de part et d’autres), mais parfois c’est carrément crû.

Je n’ai pas encore évoqué la série Made in Heaven réalisé en 1990, cette dernière consiste en une série d’œuvres, photos pour la plupart mais aussi sculptures qui montrent sans fard l’acte sexuel avec l’actrice porno Ilona Staller, plus connue sous son pseudonyme de Cicciolina, qui deviendra son épouse. Si vous êtes avec vos enfants, laissez-les à l’entrée de cette partie à moins que vous désiriez commencer leur éducation sexuelle de manière très explicite.

WP_20150119_005La dernière série avant la fin de notre voyage koonien est pour le moins très éthérée et témoigne encore une fois d’une vraie recherche esthétique. Gazing Ball consiste en une série de statues classiques d’une blancheur immaculée surmontée d’une balle d’un bleu profond qui donnent à l’ensemble un côté très aérien.

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Voilà, c’est déjà la fin, c’est passé super vite et c’était vraiment super sympa. Jeff Koons est une figure incontournable de l’art contemporain, un vrai plasticien, un amuseur mais aussi un provocateur moins lisse qu’on ne pourrait le croire.

L’exposition est en train de battre des records de fréquentation, preuve que l’art contemporain au sens le plus stricte du terme peut attirer les foules quand il est bien fait.

Après la célébrité de l’artiste tient aussi à sa capacité à jouer avec les codes de notre société, notamment la maitrise parfaite de sa communication mais il a également de nombreux détracteurs notamment ceux qui l’accusent de plagiat.

Mais sans rentrer dans ces débats, si vous voulez passer un petit moment cocasse (parce qu’elle se fait relativement vite) et entre amis ou en famille, vous amusez devant des œuvres ce qui n’est pas toujours facile, c’est ici qu’il faut venir…

http://www.jeffkoons.com/
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cABRrbG/r4ydaM6

6 novembre 2014 – 27 avril 2015

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