C’est les vacances, soyons coquins, Geishas et Kâma-Sûtra vous attendent à la pinacothèque

Pour certains ce ne sera peut-être pas du meilleur goût d’aborder ces expositions juste avant noël, mais tant pis je n’en ai pas d’autres sous la main, donc un peu de sensualité, de sexualité et d’art avec les geishas d’un côté et le  Kâma-Sûtra de l’autre. L’érotisme oriental est à l’honneur, de quoi vous réchauffez un peu…

c5eac499299540ed9bceaee1e845ed36

La première  consiste en une succession chronologique de plus de 200 estampes japonaises de l’époque d’Edo (1603-1867) à l’époque Meiji (1868-1912). On commence avec des images très douces, montrant la délicatesse et la beauté des courtisanes japonaises, puis peu à peu on arrive à des images moins conventionnelles, très érotiques qui ne laissent pas beaucoup de place à l’imagination si vous voyez ce que je veux dire. Ce qui est intéressant à comprendre c’est surtout le contexte culturel qui peut entourer ces estampes, ces shunga. Elles n’étaient pas diffusées largement mais au contraire étaient conservées par une élite érudite et bourgeoise de la population.

Utagawa Kunisada: Kesa Gozen, épouse de Watanabe Wataru (Watanabe Wataru no tsu-ma Kesa Gozen), 1843-1847. Museo delle Culture, Lugano © Photo : 2014 Museo delle Culture, Photo A. Quattrone
Utagawa Kunisada: Kesa Gozen, épouse de Watanabe Wataru (Watanabe Wataru no tsu-ma Kesa Gozen), 1843-1847. Museo delle Culture, Lugano © Photo : 2014 Museo delle Culture, Photo A. Quattrone

Une place importante est aussi donnée à la vie de ces geishas qui ne sont pas que des courtisanes raffinées mais aussi des femmes qui maitrisent parfaitement tous les arts de la beauté, de la musique, de la poésie, de l’habillement et de la danse entre autres. Un joli ensemble de nécessaire à beauté en témoigne, tout comme ces 2 sublimes kimonos du XVIIIème siècle. En France, ces estampes ont contribuées au japonisme du XIXème siècle, la plupart était jusqu’alors cachée dans les collections privées, récoltées par des artistes tels que Zola ou Klimt.
Ce qui est amusant aussi, c’est le caractère presque caricatural de certaines représentations. Les hommes ont par exemples des phallus un peu trop grands pour être vrais. Ce caractère exagéré ce retrouve dans certains mangas actuels, héritiers de cette longue tradition. A voir les petites poupées de Chiho Aoshima, trop kawai !!!

kama-sutra5L’autre exposition consacrée au Kâma-Sûtra est je dois l’avouer à mon goût plus réussie car plus riche dans sa diversité artistique et son propos. En dehors de l’image sulfureuse qui se cache derrière c’est toute une philosophie et un art de vivre à l’indienne que cherche à mettre en avant la Pinacothèque. C’est une plongée d’un un livre mondialement connu mais depuis finalement pas si longtemps que ça au regard de son âge. En effet, la traduction anglaise pour le grand public date de 1963 et encore beaucoup ignore ce qui se cache vraiment derrière ses pages.
Composé de 7 livres au IVème siècle par un brahmane, Vatsyayana, le Kâma-Sûtra est avant tout un manuel de vie, qui repose sur les trois grands principes du bonheur selon l’hindouisme, dharma (la vertu), l’artha (le bien-être matériel) et le kâma (l’amour et le plaisir). Sur ces 7 livres, seul un a affolé et affole toujours les plus coquins, le deuxième avec ses 64 positions, dont certaines sont il faut le dire légèrement impossible à reproduire.  Les 6 autres sont consacrés à la société et les concepts sociaux, la séduction et le mariage, l’épouse, les relations extra-maritales, les courtisanes et les arts occultes.

Les 300 œuvres exposées sont toutes d’une grande beauté, les bas-reliefs de bois, les bijoux, les objets un peu rituels (beaucoup de yoni et lingam, représentations symboliques des 2 sexes) …C’est une belle exposition qui nous permet aussi d’en apprendre plus sur la religion indienne, avec ses dieux tels Shiva, Ganesh ou Vishnou. La place de la femme est aussi très intéressante. Loin d’être une femme soumise, elle a son mot à dire, on lui donne par exemple des conseils pour tromper son époux et la courtisane, à l’image des geishas est une femme instruite et raffinée.
Le manuel original enfin apparait plein de liberté et d’ouverture, par exemple il ne prohibe pas l’homosexualité, loin du puritanisme qui le censurera quelques siècles plus tard et encore aujourd’hui.

Profitez-en, en janvier c’est fini, vous pouvez même prendre des notes pour la saint Valentin…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s