Les joyaux de San Gennaro. La splendeur de Naples au musée Maillol

afficheEn ce moment, le musée Maillol présente pour la première fois en dehors d’Italie, le fabuleux trésor de San Gennaro, saint patron de Naples très bien vendu par une affiche digne de film hollywoodien.

Des pièces exceptionnelles, d’un raffinement et d’un luxe uniques sont présentées dans une scénographie simple et efficace pour nous expliquer à nous parisiens, l’importance de ce saint pour la capitale de la Campanie et le mystère qui l’entoure.

Luca Giordano SAN GENNARO DEVANT L’AMPHITHÉÂTRE DE POZZUOLI, 1675 huile sur toile H.210 ; L.155 cm Naples, Église dei Girolamini © Archivio Garofalo, Naples
Luca Giordano
SAN GENNARO DEVANT L’AMPHITHÉÂTRE
DE POZZUOLI, 1675
huile sur toile
H.210 ; L.155 cm
Naples, Église dei Girolamini
© Archivio Garofalo, Naples

Saint Gennaro ou saint Janvier fut nommé évêque du Bénévent en 302 et fût décapité avec ses compagnons  Proculus et Sosius le 19 septembre 305 près du volcan de Pouzzoles. Sa nourrice récupéra le sang dans deux petites fioles et un aveugle qu’il avait guérit prit la tête, le corps et le doigt coupé lors du martyr.  Très vite le culte se rependit dans la ville, il est en effet attesté dès le Vème siècle et le saint fut considéré par les napolitains comme un protecteur notamment contre la peste de 1497 et les différentes éruptions du Vésuve aux XVIIème et XVIIIème siècle. Le miracle de la liquéfaction du sang (le sang qui redevient liquide), fut attesté pour la première fois à Naples le  17 août 1389 et depuis la cérémonie a lieu 3 fois par an attirant toujours une foule de fidèles impressionnante. Le culte est tel qu’il a inspiré de nombreux écrivains comme Voltaire ou Alexandre Dumas qui dans Le corricolo raconte toute la procession qu’il a pu observer.
Le corps et les reliques furent réunies au XVIème siècle, époque où suite aux fléaux de la guerre et de la peste, les habitants de Naples conclurent un pacte avec le saint pour s’assurer sa protection en échange de lui construire une chapelle dans la cathédrale et de lui établir un somptueux trésor.  Ce contrat fut scellé le 13 janvier 1527. Depuis 1601, c’est la Députation, institution laïque composée de représentants de la noblesse et du peuple, qui protège le trésor et les reliques et qui a permis l’exposition présente.

La chapelle du Trésor est inauguré en 1647 et conserve un ensemble d’objets tous plus somptueux les uns que les autres, enrichi au fil des siècles par les souverains, les papes, les nobles,  tous ceux qui voulaient s’attirer les bonnes grâces du saint et de la population napolitaine.

Carlo Schisano BUSTE DE SAINTE IRÈNE, 1733 argent, cuivre doré H.140 ; L.118 ; P.80 cm Naples, Museo del Tesoro di San Gennaro © Matteo D’Eletto
Carlo Schisano
BUSTE DE SAINTE IRÈNE, 1733
argent, cuivre doré
H.140 ; L.118 ; P.80 cm
Naples, Museo del Tesoro di San Gennaro
© Matteo D’Eletto

L’une des pièces les plus marquantes à ce titre est le collier de San Gennaro exécuté par l’orfèvre Michele Dato en 1679 et qui a été complété jusqu’en 1879.  On y trouve des pièces achetées par  Charles V de Bourbon, Joseph Bonaparte, Marie-Caroline de Habsbourg, sœur de Marie-Antoinette, ou encore la reine Marie-Amélie de Saxe. En tout il compte 700 diamants, 276 rubis et 92 émeraudes.

Matteo Treglia MITRE, 1713 argent doré, 3 326 diamants, 198 émeraudes, 168 rubis H.66 ; L.40 cm Naples, Museo del Tesoro di San Gennaro © Matteo D’Eletto
Matteo Treglia
MITRE, 1713
argent doré, 3 326 diamants, 198 émeraudes, 168 rubis
H.66 ; L.40 cm
Naples, Museo del Tesoro di San Gennaro
© Matteo D’Eletto

Pour les amateurs de pièces précieuses, la mitre de 1713 confiée à Matteo Treglia, est aussi un trésor en soit avec ses 8 kilos d’or et d’argent tapissés de 3 890 diamants, 198 émeraudes et 168 rubis dont la « lave du Vésuve » grand rubis provenant de Ceylan, à taille mixte, de couleur rouge violacée et un diamant en forme de goutte. Remarquable.

Mais tout est somptueux dans cette exposition à l’image des 15 bustes reliquaires et 2 statues en argent massif qui représentent les différents protecteurs de la ville, les compatroni qui sont au nombre de 52. Il faut bien ça quand on vit sur un volcan. Ce sont des chefs-d’œuvre qui impressionnent le visiteur par la finesse des traits et de certains drapés comme sainte Irène qui arrête une flèche de sa main droite.

Une très belle exposition qui nous plonge dans les fastes du baroque napolitain où le mot « trésor » prend tout son sens, un dépaysement total au cœur de ce printemps un peu triste.

DU 19 MARS AU 20 JUILLET 2014
Patrizia Nitti, directeur artistique du Musée Maillol de Paris, et de Jean-Loup Champion, commissaire de l’exposition

 

 

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