Khalo et Rivera : l’art en fusion à l’Orangerie

Même si elle se termine prochainement, je tenais à vous parler rapidement de l’exposition Frida Kahlo / Diego Rivera-l’ art en fusion, parce que c’est tout de même l’une des têtes d’affiche de cette saison culturelle qui s’achève. De plus cette dernière avait dû être déprogrammée il y a quelques années lors des petits soucis diplomatiques qui avaient annulé l’année France-Mexique. On se rattrape donc et on se dépêche (plus qu’une semaine) pour une plongée donc dans l’art mexicain au musée de l’Orangerie pour mon 100e article.

autorretrato con traje de terciopelo, 1926-coll part. © Photo Francisco Kochen© ADAGP, Paris 2013
autorretrato con traje de terciopelo, 1926-coll part.
© Photo Francisco Kochen© ADAGP, Paris 2013

Frida Khalo est devenue plus qu’une peintre, c’est une icône pour beaucoup et la fin de l’expo le rappelle à travers des références à cette artiste dans la culture populaire : la mode, le cinéma, la pub…Mais quand on se penche sur son histoire, on comprend très rapidement comment cette femme a pu et continue à fasciner. Frida c’est une force de caractère qui va lutter toute sa vie contre son propre corps brisé dans un accident en 1925. Paradoxalement c’est cet accident qui la mène à la peinture et nourrit son art, qu’elle pratique pour s’occuper lorsqu’elle est alitée. Son premier autoportrait date de 1926, autoportrait à la robe de velours, son Botticelli, inspiré des portraits de la Renaissance dans sa pose et le traitement des mains si fines. Il s’agit du premier d’une longue série. Elle disait se peindre elle-même, car c’était le sujet qu’elle connaissait  le mieux.

columna rota, 1944 © Archivo Museo Dolores Olmedo ©2013 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums  Trust, Mexico, D.F. / ADAGP, Paris
columna rota, 1944
© Archivo Museo Dolores Olmedo
©2013 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums
Trust, Mexico, D.F. / ADAGP, Paris

De sa souffrance physique qui ne la lâchera jamais tout à fait, viendront certaines de ses œuvres les plus marquantes comme La columna rota (la colonne brisée) de 1945, exposée ici et très touchante. On y voit une Frida corsetée, en pleur et une colonne attique brisée pour symboliser son dos qui ne la tient plus.

Les œuvres de Frida Khalo sont mystérieuses, et bien que refusant toujours de se qualifier comme une surréaliste elle-même car elle disait ne pas peindre ses rêves mais sa réalité, on comprend pourquoi les membres de ce mouvement l’ont de leurs côtés adoptée. Le Retrato de Luther Burbank, avec cet horticulteur qui pousse comme un arbre sur un cadavre qui le nourrit ou Moi et ma nourrice où on la voit bébé avec une tête d’adulte téter une sorte de déesse précolombienne sont des œuvres surprenantes à plus d’un titre qui nécessitent des clefs de lecture pour les comprendre parfaitement. Mais ce mystère qui les entoure est aussi ce qui les rend si intéressantes.

© Archivo Museo Dolores Olmedo ©2013 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo  Museums Trust, Mexico, D.F. / ADAGP, Paris
© Archivo Museo Dolores Olmedo
©2013 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo
Museums Trust, Mexico, D.F. / ADAGP, Paris
Diego Rivera, Autorretrato con Chambergo,1907 © Archivo Museo Dolores Olmedo ©2013 Banco de México Diego Rivera Frida  Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F. / ADAGP,  Paris
Diego Rivera, Autorretrato con Chambergo,1907 © Archivo Museo Dolores Olmedo
©2013 Banco de México Diego Rivera Frida
Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F. / ADAGP,
Paris

En parallèle des œuvres de Frida Khalo, viennent celles de sa moitié Diego Rivera. Et c’est dans cette confrontation que l’exposition tient son originalité et toute son essence, car essayer de comprendre la première sans évoquer le second serait une pure hérésie. Elle le rencontre en 1928, elle admire celui qui est alors l’un des plus grands artistes du Mexique, un ami de Picasso, Mondrian ou Modigliani, il est fasciné par ce bout de femme qui dit ce qu’elle pense. Dès lors leurs destins seront unis passionnellement, pour le meilleur et pour le pire. « L’union d’un éléphant et d’une colombe » disait le père de Frida. Rivera passe par une période cubiste, puis en Italie est fasciné par les maîtres du Quattrocento dont il reprend les codes dans ses fresques murales, car Rivera est un muraliste avant tout. Son œuvre se nourrit de l’histoire contemporaine du Mexique et de ses habitants. Il peint la Révolution sur ses grandes fresques où on aperçoit Frida qui distribue des armes aux insurgés.
Même si leurs arts semblent à première vue très différents, ils se retrouvent dans leurs idéaux politiques mais surtout dans l’amour profond de leur pays, de son histoire et de ses habitants.

diego-rivera-mexican-muralshombres-y-mujeres-de-verdad-zulai-marcelas-blog-kdwgoz0kL’exposition aurait pu être intéressante, et dans un sens elle l’est, mais je dois avouer m’être complètement perdue dans cette muséographie un peu fouillie, déjà j’ai commencé sans le vouloir par la fin, dans une salle où sont exposés en masse des centaines de photos retraçant la vie des deux artistes et la suite bien que ponctuée d’œuvres remarquables ne m’a pas plus éclairé. C’est donc un peu dommage, mais cela reste une occasion rare de voir en France des œuvres de deux artistes majeurs du XXème siècle qu’on ne voit pas si souvent que ça, et si vous aimez Frida Khalo, n’hésitez pas !

Frida-Kahlo-and-Diego-Riv-001

 

 

 

Frida Khalo / Diego Rivera l’art en fusion
Musée de l’orangerie
9 octobre 2013  au 13 janvier 2014

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