Ballade dans la Cité et rêve de monument

Cette semaine, après les folies exubérantes de Dali, je vous emmène visiter tranquillement Paris. Oui, oui, je sais que je suis un peu trop centrée sur la capitale, mais je n’y peux rien, je vis à côté, et puis elle est si belle.

C’est partie donc pour un petit tour de l’île de la Cité, cœur et poumon de Paris depuis des millénaires.

IMG_0003On commence par la Sainte Chapelle qui est à la fois l’un des lieux les plus visités et je l’ai constaté plus d’une fois, l’un des  moins connus de la capitale, comme si ceux qui se baladaient sans guide touristiques ne la voyaient pas. Quelle perte. Je me rappelle la première fois que je suis rentrée dedans, il n’y avait pas grand monde et j’ai pu apprécier pleinement le choc qu’offre cet ensemble de vitraux. Limbourg-juinConstruite entre 1242 et 1248 sur les plans d’un architecte indéterminé qu’on a longtemps cru être Pierre de Montreuil (bras sud du transept de Notre-Dame ou chapelle de Saint-Germain-des-Prés). Composée d’une chapelle basse et d’une chapelle haute reliée à l’aula du palais, elle est conçue pour être une gigantesque châsse de verre et de lumière, suffisamment somptueuse pour accueillir de précieuses reliques, celles de la Passion, acquises par Louis IX auprès de l’Empereur de Constantinople, Baudouin II. Parmi celles-ci, la plus célèbre, la couronne d’épines, fut achetée pour la somme considérable de 135 000 écus.

IMG_0004Fortement endommagée par la Révolution Française, elle est l’un des premiers monuments médiévaux parisiens à être restaurée en tenant compte de toutes les étapes de sa longue vie.

Ses vitraux dont environs les 2/3 sont d’origines sont un trésor à eux-seuls. Un témoignage plein de lumière de l’art médiéval du XIIIème siècle, une bible illustrée, au sens propre car on y retrouve les différents livres dans les lancettes : Genèse, Nombres, Exodes, Livre de Daniel, d’Ezéchiel…

La rose est plus récente, dans un style flamboyant elle n’a été posée que vers 1490 et représente l’Apocalypse.

Quittons maintenant cette perle bleue et rougeoyante pour la Conciergerie. Vestige imposant et immaculée depuis sa restauration de l’ancienne résidence des rois de France qui y ont séjournés entre le Xème et le XIVème siècle puis délaissée  par la suite avec Charles V au profit du Louvre et de Vincennes. A partir de là, c’est surtout son rôle judiciaire et pénitencier qui va demeurer, devenant « une antichambre de la guillotine » sous la Révolution, avec comme pensionnaire la plus célèbre, la reine déchue, Marie-Antoinette.

G. Doré, le château enchanté, 1867, MNAM, copyright : musées de Strasbourg
G. Doré, le château enchanté, 1867, MNAM, copyright : musées de Strasbourg

La salle des gens d’arme qui nous accueille servait de réfectoire au personnel et reste la seule partie de la Grande Salle du palais de Philippe IV le Bel, siège du pouvoir royal. En ce moment, sous ses voutes puissantes,  s’y tient une superbe exposition et je m’excuse de la partager qu’aujourd’hui car elle s’achève le 24 février mais si vous pouvez vous y rendre, je pense que vous serez aussi agréablement surpris que moi. Il s’agit d’une invitation au voyage à travers 300 œuvres dans l’architecture rêvée, imaginée et gothique du Moyen-Age puis à partir du XIXème siècle. La manière dont on conçoit l’architecture des châteaux et des abbayes, comme des lieux fermés et fantasmés. Que ce soit dans la littérature, les contes, les romans de chevalerie jusqu’à l’héroic-fantaisy où dans les grands projets de restauration de Pierrefonds, du Mont-Saint-Michel etc. du XIXème siècle, siècle de redécouverte et réinvention d’un monde médiéval idéal, devenu modèle de la nation, après le classicisme trop royale. On plonge également dans cet amour des ruines sublimées notamment par Hubert Robert et ses suiveurs jusqu’aux contemporains avec cette superbe installation, de ruines sous-marine de Massard. Puis on se retrouve dans l’imaginaire des lieux hantés, du gothique noire où les ombres menaçantes s’étendent. Enfin l’exposition aborde cette démocratisation du château, que l’on retrouve partout, avec de grandes installations de jouets, de maquette, comme ce château de Disney sur sa balançoire dont l’ombre se reflète sur le mur ou encore Poudlard en lego. Vraiment superbe. C’est l’une des plus jolies expos de l’année malgré le peu de publicité qu’on en a fait.

C.C Renoux, moines dans une église gothique en ruine, 1828, copyright musée de Grenoble
C.C Renoux, moines dans une église gothique en ruine, 1828, copyright musée de Grenoble

En sortant, arrêtez-vous absolument devant l’horloge de la tour qui a retrouvé toute sa splendeur depuis la restauration, la plus vieille horloge publique de Paris (1370) dont le cadran date d’Henri III avec des statues de la Loi et de la Justice.

Enfin pour finir la petite promenade, un petit tour par le marché aux fleurs, toujours un plaisir et profitez des 850 ans de Notre-Dame pour monter sur cette immense balustrade qui certes encombre le parvis mais quand on est dessus, on redécouvre cette façade, vue d’un angle inédit et notamment la galerie des rois qui nous semble encore plus imposant de majesté.

Et c’est ce que j’appelle une belle promenade parisienne comme j’aime !WP_000305

 

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